Wajdi Mouawad

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Wajdi Mouawad

Biographie

Wajdi Mouawad est comédien, metteur en scène, directeur artistique et dramaturge. Il est né en 1968 au Liban. En 1978, sa famille et lui fuient la guerre civile et quittent le Liban pour aller s'installer à Paris, en France. Quatre ans plus tard, la famille émigre une nouvelle fois, cette fois-ci au Canada, à Montréal[1]. Après avoir émigré à Paris puis à Montréal du Liban, il est vulnérable[2] et le théâtre devient sa nouvelle patrie[2]. Tout sur le théâtre le passionne : « Il est vrai que je suis acteur et auteur, cinéaste parfois et plasticien, mais cette frénésie ne touche qu'à une chose : mon amour profond du théâtre »[3]. Parmi ses oeuvres, on retrouvre la tétralogie du Sang des Promesses : Littoral, Incendie, Forêt et Ciel.

Parcours artistique

Il étudie à l'École nationale de théâtre[2] et obtient son diplôme en 1991[2]. Il codirige avec Isabelle Leblanc[4] le Théâtre Ô Parleur[2]. Plusieurs de ses oeuvres y voient le jour, dont Littoral[2]. En 2000, il devient le directeur artistique du Théâtre de Quatr'Sous[2] durant 4 saisons[4]. Il y monte Incendie[2]. Mouawad travaille au Canada et en France simultanément : il crée une compagnie de théâtre dans chacun des deux pays et participe au Festival d'Avignon[4], où il présente la tétralogie Le Sang des Promesses[5]. De 2007 à 2012, il est le directeur artistique du Théâtre français au Centre National des Arts d'Ottawa[4]. Il est maintenant, depuis 2011, artiste associé au Grant T, théâtre de Loire-Atlantique à Nantes[4].

Processus de création

La création de Littoral s'est faite à l'écart des théâtres, alors que son auteur était reclu dans son appartement[6]. Pour la suite de la tétralogie Le Sang des Promesses[5], il a changé sa méthode. Il mise dorénavant sur la création collective de tous les artistes impliqués de loin ou de proche dans la pièce. Selon Mouawad, le texte d'une pièce ne peut être écrit sans la participation active des comédiens et d'autres artisants[6]: « Without their feedback, their participation, without the active involvement of every member of the team, I couldn’t have written. »[7].

Répétition de Littoral

Pendant quelques mois, tous se rencontrent pour discuter sur différents sujets entourant la future pièce : éclairages, costumes, etc[6]. Mouawad reste silencieux, il les observe, intervient, relance la discussion en dressant des obstacles et prend note des réactions des artisants; ses observations l'inspireront lors de l'écriture de la pièce[6]. Parfois, Mouawad leur parle de différents faits historiques sur le Liban, question de leur donner un contexte. Ça leur donne une perpective sur ce sur quoi ils vont travailler pendant les prochains mois. Ces discussions permettent de raviver des souvenirs chez les comédiens et alimenter l'imaginaire de Mouawad[6]. Bref, Mouawad crée un environnement favorable à la création de leur personnage et de l'écriture de sa pièce[6].

Les rencontres cessent afin de permettre à Mouawad d'écrire les premières scènes de la pièce. Il puise son inspiration des discussions avec les artistes en début de production. Il dit que sans sans la contribution de ses comédiens, il ne serait pas capable de créer ces dialogues[6].

Après quelques mois d'écriture, tous se rassemblent pour commencer le travail de mise en place des premières scènes. Ils passent parfois jusqu'à une semaine entière sur une seule scène. Ils réfléchissent, travaillent et retravaillent jusqu'à ce que les gestes et autres détails concordent avec la vision artistique de Mouawad, c'est-à-dire justifiés et logiques. De répétition en répétition, Mouawad modifie son texte afin qu'il se moule au caractère de chacun des comédiens. Il veut que les comédiens se reconnaissent dans leur personnage respectif afin d'assurer une interprétation naturelle, réaliste et de détails variée.

Le développement de la pièce de théâtre évolue à travers l'improvissation. Or, il ne s'agit pas là d'improviser le texte, mais plutôt les gestes l'accompagnant[6]. Sa méthode de création reste toujours contrôlée[6]. En travaillant et revisitant différentes pistes, les comédiens en viennent à mettre de leur propre essence dans la création de leur personnage. Ainsi, cela assure un investissement profond dans la pièce et donc une performance plus crédible. Ce type d'improvisation est très exigeant pour les comédiens; en une seule répétition, ils doivent apprendre les premières scènes, être capables d'improviser en rendant le texte mot pour mot avec émotions et intentions[6]. À la fin, les comédiens se rendent bien compte que tous leurs efforts en ont vallu la peine; ils sont émus de constater l'évolution de leur interprétation[6].

Sujet commun

Dans presque toutes ses oeuvres, les personnages sont en quête de leur identitié et de leurs racines[2]. Sa propre expérience en tant qu'émigré a sans doute joué un rôle sur le choix des sujets de ses pièces. En effet, ses personnages finissent toujours par retourner dans leur pays natal et ils y découvrent les circonstances entourant leur naissance, ou des secrets sur le passé de leur parents. En arrivant à Montréal, jeune adolescent, il résiste à l'intégration à la culture québécoise, notamment en gardant son accent français[2]. Mouawad a émigré deux fois durant sa vie et la deuxième fois était de trop[2]. Il transpose ces sentiments dans ses oeuvres sous la quête d'identité de ses personnages.

Ses oeuvres sont très politiques et implorent le public à reconnaître les dures réalités de la guerre, ce qui rappelle les oeuvres de Bertolt Brecht[2]. Mouawad décrit différents faits qui ont ponctué la guerre civile au Liban. Souvent ces crimes terribles sont réanimés sous forme de souvenirs poussant les personnages à entreprendre une quête pour découvrir leur passé. En renouant le présent, leur soi présent, et leur passé, ils espèrent inconsciemment découvrir leur identité.

Il ose traiter de sujets comme la violence et les atrocités tabous[2]. Il est d'avis qu'on devrait pouvoir parler en toute liberté et honnêté des crimes commis partout où on a connu la guerre, dont dans son pays natal[1]. Dans ses oeuvres, les mots sont parfois crus, mais ils nous permettent de bien comprendre la réalité[5].

Œuvres

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Représentation de Littoral
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Représentation de Forêts

Au cours de la création des pièces, il écrit et modifie celles-ci constamment, de répétition en répétition, et de réprésentation en représentation jusqu'à ce qu'il arrive à une version satisfaisante. C'est seulement après celà qu'il peut finalement publier son travail. Entretemps, il y a déjà eu plusieurs représentations. Ses oeuvres ne sont pas toutes jouées et il adapte certains classiques à la «saveur Mouawad». Tous les titres de ses oeuvres ont été tirés du site de Wadji Mouawad.

  • Les Larmes d'Oedipe Leméac / Actes Sud-Papiers, à paraître
  • Inflammation du verbe vivre Leméac / Actes Sud-Papiers, à paraître
  • Une chienne Leméac / Actes Sud-Papiers, à paraître
  • Soeurs Leméac / Actes Sud-Papiers, mars 2015
  • Ciels Leméac / Actes Sud-Papiers, août 2009 et Babel Littérature, septembre 2012, créée et jouée en 2009[5]
  • Forêts Leméac / Actes Sud-Papiers, septembre 2006 - nouvelle édition juillet 2009 et Babel littérature, mars 2012, créée et jouée en 2006[2]
  • Temps Leméac / Actes Sud-Papiers, mars 2012, créée et jouée en 2011
  • Les Mains d’Edwige au moment de la naissance Leméac, 1999 et Leméac / Actes Sud — Papiers, septembre 2011
  • Journée de noces chez les Cromagnons Leméac / Actes Sud-Papiers, avril 2011
  • Incendies Leméac / Actes Sud-Papiers, juillet 2003 - nouvelle édition, avril 2009 et Babel littérature, janvier 2011, créée et jouée en 2004[2]
  • Littoral Leméac / Actes Sud-Papiers, juillet 1999 - nouvelle édition, avril 2009 et Babel Littérature, août 2010, créée et joué en 1997[2]
  • Le Sang des promesses puzzle, racines et rhizomes Leméac / Actes Sud-Papiers, juillet 2009
  • Seuls chemin, texte et peintures Leméac / Actes Sud-Papiers, novembre 2008
  • Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder en face Leméac / Actes Sud-Papiers, mai 2008
  • Un obus dans le cœur Actes Sud Junior, octobre 2007
  • Pacamambo Actes Sud-Papiers, « Heyoka jeunesse », 2000 - nouvelle édition février 2007
  • Assoiffés Leméac / Actes Sud-Papiers, janvier 2007
  • Willy Protagoras enfermé dans les toilettes Leméac / Actes Sud-Papiers, janvier 2005
  • Rêves Leméac / Actes Sud-Papiers, mars 2002
  • Alphonse Leméac, 1996
  • Le Songe Dramaturges Éditeurs, 1996

Il a aussi revisité les tragédies grecques, par exemple sa trilogie Des Femmes[2]: Les Trachiniennes, Antigone, Électre, jouées en 2011 ; et Des Héros: Ajax un cabaret et Oedipe Roi, jouées en 2014.

Citation

«Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par l’animal. Pourtant, le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère. De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la production de cette carapace si magnifique qu’on lui connaît et qui émeut notre regard : le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères. Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les œuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il œuvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté.»[4]

Liens externes

Références

  1. 1.0 1.1 Meerzon, Yana. Staging Des Femmes : On Theatre of Compassion in the Works of Wajdi Mouawad.ALT.Summer.N.p.2013.
  2. 2.00 2.01 2.02 2.03 2.04 2.05 2.06 2.07 2.08 2.09 2.10 2.11 2.12 2.13 2.14 2.15 2.16 Meerzon, Yana. The Exilic Teens : On the Intracultural Encounters in Wajdi Mouawad’s Theatre.TRIC.2009.
  3. Entretien avec Jacques Téphany pour le magazine Cassandre
  4. 4.0 4.1 4.2 4.3 4.4 4.5 http://www.wajdimouawad.fr/
  5. 5.0 5.1 5.2 5.3 Choplin, Olivia. Où placer les bombes? Art and Violence in Wajdi Mouawad’s Le sang des promesses.Québec studies.Volume 54.2012.
  6. 6.00 6.01 6.02 6.03 6.04 6.05 6.06 6.07 6.08 6.09 6.10 Meerzon, Yana. Searching for Poetry: On Collective Collaboration in Wajdi Mouawad’s Theatre.143.CTR.2010.
  7. Preface. “A Ruthless Consolation.” Scorched. By Wajdi Mouawad.Trans. Linda Gaboriau. Toronto: Playwrights Canada Press. 2005. i-ii. Print.


Name:Wajdi Mouawad
Location:Montréal, QC
Category:Artists
Latitude:45.490946
Longitude:-73.608398